Le choix du prénom au Ghana

C’est une tradition qui date de l’Empire Ashanti et qui perdure au Ghana ainsi que dans les pays voisins : à sa naissance, chaque enfant reçoit un prénom en fonction du jour de la semaine où il est né, et parfois même suivant son ordre d’arrivée dans la famille.

© Lauren Gold

La coutume varie selon les familles et les régions, mais si vous vous aventurez dans l’un de ces pays d’Afrique de l’Ouest, il est très probable que vous croisiez une Adjo ou un Kodjo, dont vous pourrez déduire qu’ils sont nés un lundi. Car aujourd’hui encore, il est  courant pour un(e) citoyen(ne) du Ghana, du Togo ou du Bénin de porter un prénom « générique », en plus de son prénom de naissance choisi par ses parents. Voici comment ça marche.

Et il y a un bonus pour les bébés du mardi : c’est un jour qui porte chance ! Connaissant cette tradition, vous pourrez à présent en déduire que le ghanéen Kofi Annan, septième secrétaire général des Nations unies, est donc né un vendredi. Pour les habitants de ces pays là, il est tout à fait curieux de ne pas connaître son jour de naissance, mais relativement courant de ne pas savoir précisément l’année (du moins pour la génération aînée).

© Hayley Landau

D’autres règles et usages viennent régir l’attribution des prénoms aux bébés ghanéens. Le prénom de naissance fait souvent référence à la religion familiale ou aux conditions de conception de l’enfant : un petit Elom signifie « Dieu m’aime », un petit Sénamé a probablement été conçu après beaucoup d’attente puisqu’il a est « donné par le destin ». Dans la culture Mina, au Togo, les jumeaux de même sexe sont prénommés Atsou et Etsé, les autres s’appelleront Atsou et Atsoupi ! Il arrive aussi que la personne porte un prénom déterminé par son ordre d’arrivée dans la famille. Au Togo, par exemple, le premier de la lignée s’appellera Anani et la première, Dede.

© John Barlow

Enfin, une dernière coutume, plus ou moins respectée elle aussi, veut que la maman attende huit jours avant de présenter son bébé et de lui donner un prénom. Avant ce délai, le nouveau-né est encore considéré comme un simple visiteur du monde des ancêtres qui peut repartir à tout moment. Une fois les huit jours écoulés, il rejoint officiellement le monde de la vie. Evidemment, c’est une habitude héritée d’une époque pas tout à fait révolue où la mortalité infantile était très importante et les premiers jours du bébé incertains.

Alors, quel serait votre prénom ghanéen ? Etes-vous né un mardi ? 

P.S. Toujours en Afrique de l’Ouest, les burkinabés ont une tradition amusante dont on dit qu’elle a sauvé leur pays de la guerre civile.

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3 Commentaires

  1. C’est une façon de faire finalement très pragmatique, bien loin de la tendance actuelle chez nous qui est de surtout faire original alors qu’avant on se référait aussi au calendrier, notamment pour le second prénom.
    C’est toujours très intéressant de découvrir toutes ces coutumes venues d’ailleurs, ça nous amène à porter un autre regard sur notre propre façon de vivre :)

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    • Joyeux Magazine

      Ah je ne savais même pas qu’on se référait au calendrier pour le deuxième prénom ! Mais oui, ça permet de relativiser, de décomplexer : il y a mille façons de faire, de penser et de vivre :)

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      • Je pense que c’était répandu quand une majorité de gens étaient catholiques. Comme aujourd’hui on prête moins d’importance à la religion c’est une pratique qui se perd.

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