Les Yanomami, gardiens de la paix en Amazonie

Ce n’est pas une tribu, c’est carrément un peuple de 35 000 âmes, l’un des plus importants d’Amérique du Sud, qui vit dans le nord du poumon amazonien. Les Yanomami ont un immense respect pour la terre qui les nourrit et font preuve, dans leurs rites et dans leur quotidien, d’une humilité admirable.

Fiona Watson

Ils sont très attachés à la notion d’égalité. Les villages yanomamis n’ont pas de chef. Il est très mal vu d’imposer son opinion ou de tenter de prendre le pouvoir. Les décisions se prennent ensemble, lors de longues réunions où chacun a la parole. En cas de désaccord, chaque famille est libre de quitter sa communauté pour une autre. C’est pour cette raison que chacune exploite son propre potager, dans un souci d’indépendance et d’autonomie.

Rainforest Foundation

Ils vivent dans des des huttes circulaires appelés shabonos. Ces maisons collectives peuvent abriter jusqu’à 400 personnes. La place centrale est réservée aux célébrations et aux jeux. La nuit, ils dorment dans des hamacs autour d’un feu qui leur tient chaud et dont la fumée éloigne les insectes.

Rogerio Pateo

Les filles ont le nez et les oreilles percées dès l’âge de 13 ans. Il n’est pas rare qu’elles parent leurs baguettes de fleurs et de plumes. Les Yanomami aiment soigner leur apparence en se peignant le corps et le visage avec des colorants naturels.

Antonio Mari

Il est impensable de manger la viande d’un gibier qu’on a soi-même chassé. Seuls les hommes sont autorisés à chasser. Pour se faire le plus discret possible, ils ont mis au point un langage corporel leur permettant de communiquer entre eux. Ils savent aussi imiter à la perfection les cris de leurs proies. Au retour de la chasse, chaque chasseur échange une pièce de viande avec son voisin pour ne pas avoir à se nourrir d’un animal qu’il aurait lui-même abattu.

Les femmes sont chargées de la pêche et de la culture des potagers. Quand la récolte de la saison a été bonne, une grande fête est organisée avec les villages alentours pour en échanger les fruits, mais aussi des bijoux, des outils et de la vannerie. C’est un rituel très important, qui symbolise les liens de solidarités et d’alliance entre les différentes communautés.

Marcos Wesley

Leur environnement est peuplé d’esprits invisibles. Les Yanomami sont un peuple animiste, pour qui chaque élément naturel est habité par un xapiripë, un esprit que seul le chamane peut voir sous forme de petites lumières brillantes. Il y aurait autant de xapiripës dans la jungle que d’étoiles dans le ciel…

Ils déménagent tous les trois à quatre ans pour laisser la terre se régénérer. Ils se nourrissent à 80% de végétaux qu’ils cultivent eux-mêmes dans de petits potagers répartis sur un immense territoire de trois à six hectares tout autour du shabono. Lorsque les rendements s’appauvrissent, que le gibier se fait rare et que la charpente des habitations s’abîme, le village tout entier déménage à la recherche d’un nouveau terrain où il reconstruira un nouvel habitat.

Leur chamane les protège de la chute du ciel. Tous les esprits de la jungle ne sont pas bienveillants. Pour les apaiser, le chamane du village doit entrer en communication avec eux en inhalant une poudre psychotique qui le met dans en transe spirituelle.

Mitch Anderson

Pourquoi ils sont menacés. La déforestation de la forêt amazonienne touche progressivement leur territoire, qui s’étend du nord du Brésil au sud du Venezuela. Le principal danger vient des orpailleurs qui apportent avec eux de nouvelles maladies face auxquelles les Yanomami ne sont pas immunisés. A plus long terme, le mercure utilisé pour amalgamer l’or inquiète les scientifiques qui ont retrouvé des traces de ce métal hautement toxique dans le sang de certains habitants, les exposant aux risques d’une grave perturbation du système nerveux, à une perte de la vie, à des maladies cardiaques et à des malformation irréversibles sur le fœtus de la femme enceinte. Enfin, l’appât financier que représente la forêt menace l’écosystème et le mode de vie tout entier de ce peuple indigène.

Antonio Mari
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4 Commentaires

  1. Quand je pense qu’il fut un temps où on traitait ces peuples de sauvages… alors qu’en fait on a tellement à apprendre d’eux!

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  2. Aurélie

    C’est tellement apaisant de lire ce portrait… Parfois j’oublie que notre modèle de société est seulement un parmi d’autres.

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    • Joyeux Magazine

      Pareil ! Ça fait tellement relativiser de voir que d’autres voient les choses d’une manière complètement différente. Ça rend humble :)

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