Pierre Rabhi sur le temps qui passe et la peur de vieillir

Le 19 janvier dernier, Le Monde publiait une interview de Pierre Rabhi à propos de son rapport au temps. Morceaux choisis :

« Depuis l’origine de l’humanité, le temps est indexé sur le temps cosmique (les saisons, le rythme du vivant), raison pour laquelle je peux renoncer à beaucoup de choses, sauf à mon jardin, qui me reconnecte à cette temporalité. J’ai aussi appris à m’écouter : revenir à son corps et à sa respiration permet de garder la vraie cadence de la vie. Le tout consiste à échapper à la frénésie dans laquelle notre société est entrée : quand la logique de profit accélère le temps pour des finalités stupides, la société ne crée plus de joie et l’on recourt aux anxiolytiques pour atténuer notre mal-être. Cette frénésie est presque une épidémie généralisée… On est tombé dans cette anomalie pour gagner du temps, mais cette normalité nous piège maintenant. […]

Certains moyens artificiels accélèrent le processus, mais le vrai temps, celui qui est ponctué par la respiration ou les battements du cœur, est le seul à procurer un sentiment d’éternité. De même, la civilisation agraire imposait un temps différent de celui de la société industrielle dans laquelle les gens acceptent d’être enfermés dans des boîtes, dans un espace où le soleil se lève et se couche pour rien. C’est à se demander s’il existe une vie avant la mort. C’est comme si on restait dans le coma pendant onze mois, avant de profiter, pendant le mois restant, de ce que le système nous confisque… Il faut donc s’interroger sur les raisons qui nous poussent à être dociles à la frénésie plutôt que d’essayer d’innover pour mieux la supporter ! Prenons donc le problème à sa racine : quel mode d’organisation l’humanité doit-elle adopter pour jouir de ce que la vie sur Terre lui offre ? »

Et si on changeait de tempo ? Car après tout, l’homme possède l’une des espérances de vie les plus enviables sur terre. La vie n’est pas courte. Elle passe vite, surtout lorsqu’on ne fait que décompter les secondes et les minutes qui nous séparent de notre prochain rendez-vous. Mais il suffit d’observer les arbres pousser, les saisons passer pour s’apercevoir qu’hormis les moments de turbulence, la vie s’écoule lentement, tranquillement. Arrêtons de courir.

Pour lire le reste de l’interview, ça se passe ici.

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2 Commentaires

  1. Merci merci merci d’avoir signalé cette interview, je suis passée à côté (bébé à une poussée dentaire, je vis dans ce temps particulier et ouaté de la jeune maman). Pierre Rabhi est une grande source d’inspiration pour une apprentie jardinière comme moi… je m’en vais lire l’article.
    PS: commentaire qui n’apporte rien à la musique mais je suis telllement contente il fallait que je le dise!

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