Pourquoi pleurer nous fait du bien

Dès le plus jeune âge, nos parents se sont toujours précipités pour sécher nos larmes. Plus grand, nous sous-estimons les bobos du quotidien et tentons de nous montrer (ce que nous croyons être) forts, solides, confiants. Comme si la douleur disparaîtrait d’elle-même si nous fermions les yeux dessus. En réalité, c’est exactement l’inverse. Nos larmes sont là pour cicatriser les plaies de notre cœur et pour nous aider à aller de l’avant.

Ça permet d’extérioriser sa douleur. Pleurer, c’est reconnaître sa peine et lui permettre de s’exprimer à travers notre corps. Toutes les émotions, bonnes ou mauvaises, laissent des empreintes sur notre santé. En pleurant, nous lâchons prise et autorisons notre douleur à nous submerger momentanément, le temps que notre corps traite nos souffrances et s’en libère par ses propres moyens.

Ça produit des hormones anesthésiantes. La production des larmes engendre aussi la sécrétion d’opiacées et d’ocytocine, aux propriétés calmantes et apaisantes. Notre corps est souvent plus performant que notre mental pour soulager nos blessures psychologiques. Il suffit de le laisser faire.

Ça libère les tensions. On a découvert que les larmes transportaient une quantité importante de potassium, un minéral qui joue un rôle prépondérant dans le travail de tension musculaire, artérielle et nerveuse. Sous le coup de l’émotion, notre corps se contracte très fort, puis fond en larmes pour évacuer cette pression qu’il juge dangereuse pour notre santé.

Ça permet d’évacuer les toxines liées au stress. Comme toute sécrétion corporelle, les larmes sont chargées de toxines dont le corps cherche à se débarrasser. Contrairement aux autres larmes, nos larmes d’émotion contiennent une quantité notoire de toxines associées à des états de stress et de fatigue. Elles sont également chargées de nos excès de manganèse, un oligoélément nécessaire à notre vitalité, mais qui peut nous rendre irritable, anxieux ou fatigué s’il est consommé en excès.

Ça calme notre corps. Une fois vidé des toxines et des tensions, le corps, blotti dans ses endorphines, se trouve enfin délassé. Le souffle et le rythme cardiaque sont ralentis, et la boule qui tirait au fond de la gorge a disparu. Nous nous trouvons dans un état de calme exceptionnel. Notre respiration est profonde, les voies respiratoires sont parfaitement dégagées. On y voit enfin clair dans nos pensées.

Ça fait de nous des êtres humains. Nous sommes les seuls être vivants capables de produire des larmes émotionnelles. C’est une chance incroyable que de pouvoir exprimer sa souffrance de manière aussi forte. En réalité, notre corps attend ces larmes qui pourraient le libérer de tensions que nous ne percevons pas et nous aider à traverser les épreuves plus sereinement, en accueillant nos émotions comme elles arrivent, sans les minimiser ou les nier. Soyons généreux avec nous-même.

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Alors allez-y, riez, souriez, chialez, gueulez, chantez, faîtes fonctionner votre corps à plein régime. Bref, pleurez un coup.

P.S. Les adeptes de la méditation pratiquent parfois la méditation des pleurs. Il s’agit de s’isoler pendant quelques dizaines de minutes d’une journée difficile pour pleurer à chaudes larmes et traverser pleinement son émotion pour qu’elle s’envole d’elle-même. On peut même mettre de la musique triste pour réveiller les douleurs et les traiter une à une. Et aussi : Ça veut dire quoi, être triste ? (<-par ici les fans de Quentin Blake).

Crédits photos : Maud Fernhout (What Real Men Cry Like), Timo Barwitzki

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6 Commentaires

  1. Encore de bons conseils bien argumentés :)

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    • Joyeux Magazine

      Merci :) Quand on lit tout ce qu’ont découvert les scientifiques on se dit que ça va de soi de pleurer, et pourtant on fait tout pour les retenir… Il faut faire confiance à la nature en fait :)

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  2. Merci pour ce précieux post ! Je ne savais pas tout ça, même si c’est vrai que j’ai remarqué qu’après les larmes on se sent toujours mieux… Mais on ne sait pas toujours pourquoi !
    C’était tres interressant !

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  3. Très intéressant, merci ! Ça me fait penser qu’en médecine traditionnelle chinoise notamment, on considère que le siège des émotions se trouve dans le diaphragme. Lorsque les émotions sont bloquées, on peut les débloquer en pratiquant le massage traditionnel (tui na). Et il n’est pas rare qu’on éclate en sanglot en recevant ce massage, c’est signe qu’on est en train de lâcher quelque chose. Tu as complètement raison, il faut laisser faire le corps. Toutes nos émotions sont imprimées en lui, il faut savoir le décoder et pour cela l’écouter. :) Pour les toxines, je viens de faire le lien avec le jeûne qui est un moyen de purifier son corps mais aussi le nettoyer de ses humeurs. Merci encore ! :)

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    • Joyeux Magazine

      Je ne connais pas du tout la médecine chinoise. C’est fascinant de constater que nos émotions viennent réellement se loger dans notre corps quand on ne prend pas le temps de les vivre. Merci pour cet éclairage !

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