Ces frontières que l’Afrique du Sud ne veut pas voir

Elles pourraient constituer des pièces à convictions. Les photos aériennes de Johnny Miller constituent des preuves incontestables que les inégalités en Afrique du Sud divisent toujours implacablement les blancs et les noirs de ce pays au passé compliqué. Ce photographe américain récemment installé au pays de Nelson Mandela fait réapparaître, de manière très nette, le mur qui sépare encore en deux les populations de Durban ou de Johannesburg. 

photo aérienne afrique du sud

« Beaucoup de gens en Afrique du Sud m’ont dit qu’ils n’avaient pas réalisé à quel point les choses avaient si peu changé depuis 1994, jusqu’à ce qu’ils voient ces photos. »

C’est trop gros pour être vrai. On croyait que les choses avaient changé. Mais les décisions politique ne suffisent pas, il faut qu’une énergie citoyenne émerge pour les porter et les faire aboutir à leur objectif. Même après son abolition, l’apartheid continue de diviser la société sud-africaine de manière absolument frappante.

« Les différences dans nos modes de vie sont parfois difficiles à percevoir sur le terrain. La beauté de pouvoir voler, c’est de regarder les choses avec une nouvelle perspective – les voir comme elles sont. En regardant droit vers le bas, à plusieurs centaines de mètres au dessus du sol, les paysages d’invraisemblables inégalités apparaissent. Certaines communautés se sont expressément formées à partir de la séparation qu’elles avaient en tête, et d’autres ont grandi de manière plus ou moins naturelle. »

johnny miller photographe

hout-bayimizamo-yethu-sm

Cette barrière mentale prends corps dans les airs. Du haut de l’hélico, les préjugés, les peurs et la méfiance se matérialisent dans les contrastes des quartiers. D’un côté, la verdure, les piscines et les routes bien dessinées, de l’autre, le sable, la tôle et les ruelles exiguës.  Espérons que la photo ne sera plus la même dans vingt-cinq ans.

P.S. Et pour retrouver le sourire, les évolutions de nos villes sous les caméras de Google Maps (promis, ça redonne espoir)

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9 Commentaires

  1. C’est effectivement assez impressionnant, les démarcations sont vraiment nettes !

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  2. Adama

    Je pensais que les choses avaient vraiment changé avec la fin de l’apartheid mais les inégalités demeurent tout de même. En tout cas c’est très flagrant sur ces photos. J’espère qu’un jour on verra la fin de l’apartheid social qui sévit encore dans ce pays (et dans d’autres). Bref, c’est triste :(

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  3. … Moi ça m’a fait sourire parce qu’en faisant abstraction du contexte, sur la première photo, je vois comme un Cthulhu vert dans le champ… Ce qui donne un sens légèrement différent au titre ^^

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    • Joyeux Magazine

      (J’ai du googler Chtulhu je suis une quiche en science fiction, pardon) Moi je le vois pas, mais tu as sans doute un super pouvoir ! Mais du coup, oui, ça change un peu le sens du titre, j’aime bien haha

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      • Tu vois deux tâches jaunes dans la prairie ? Si tu pars du principe que ce sont des yeux, tu peux imaginer une forme autour. En fait c’est le titre qui m’a inspiré ce que j’ai vu.

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      • Joyeux Magazine

        Ah oui si je le vois maintenant ! Merci de me montrer les messages cachés de mon propre blog ^^

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  4. J’ai vécu 3 mois en Afrique du Sud, en 2003. Et les inégalités étaient très marquées. Malheureusement, elles ne peuvent se changer par un coup de baguette magique, car elles sont très ancrées. Par exemple, il existe 9 langues officielles, ce qui est chouette car chaque communauté peut garder son identité, sa culture. Et donc les enfants vont dans les écoles, en partie, en fonction des langues enseignées (l’Anglais l’est dans tous les cas). Cela cause des discriminations, car on s’imagine bien qui va apprendre l’Afrikaners, et qui va apprendre le Zoulou. Et ceci n’est qu’un exemple parmi de multiples.

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    • Joyeux Magazine

      Ah c’est intéressant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui y a vécu. Je pense que le photographe est conscient que les choses ont malgré tout changé mais il veut alerter effectivement sur le fait qu’il reste encore beaucoup à faire (et j’imagine que ça s’adresse surtout aux afrikaners qui ont peut-être moins conscience de l’écart). Le chemin sera long, c’est clair. Merci pour ta contribution enrichissante !

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