Le randoseru, un cartable qui pèse lourd dans le porte-monnaie des japonais

Le cartable à la rentrée, c’est toute une affaire. Encore plus chez les japonais, chez qui il est associé à une ribambelle de codes et de traditions qui en disent long sur l’importance de l’éducation au Japon, où le taux de scolarisation en école primaire est de 100% (incroyable mais vrai). Là bas, tous les écoliers portent le même modèle : un randoseru.

cartable japonais

Il faut le commander à l’avance. Les randoserus sont souvent fabriqués sur mesure. On choisit la matière, le design, les motifs, le fermoir et les coutures en librairie ou en maroquinerie. La rentrée japonaise ayant lieu en avril, les boutiques enregistrent un pic de commande au mois d’août, soit plus de six mois à l’avance.

Il coûte extrêmement cher. Même prêt à l’achat, un randoseru coûte entre 30 000 et 150 000 yens (entre 250 et 1 800 euros). Le budget moyen est de 50 000 yens ( 450 euros). Il existe bien des modèles en Clarino, un cuir synthétique, mais là encore, il faudra débourser au moins une centaine d’euros pour ce must-have de l’écolier. Heureusement, on peut toujours en acheter d’occasion ou récupérer celui de ses frères et sœurs, mais l’objet perd alors de sa valeur personelle.

C’est un objet symbolique. Il est offert par les grand-parents et marque l’entrée de l’enfant dans la vie scolaire. Il représente la discipline, le devoir, la droiture et l’application, des valeurs centrales dans la culture japonaise.

écoliers japon

Ils sont hyper robustes. Un randoseru est théoriquement inusable. Il est traditionnellement garanti six ans, soit toute la durée en école élémentaire. Des tas d’accessoires sont vendus pour en prendre bien soin. Chaque élève possède, par exemple, une petite capuche en plastique pour protéger leur sac en cas de pluie.

Ils sont lourds. Les premiers randoseru pesaient 1,50kg. La technique a progressé mais ceux d’aujourd’hui pèsent encore environ 1kg sur le dos des écoliers, chargés en plus de livres et de cahiers qu’ils transportent quotidiennement pour leurs devoirs, sachant que la plupart des élèves japonais se rendent à pied à l’école.

On ne choisit pas sa couleur. Historiquement, les garçons portent un randoseru noir et les filles un rouge. C’est encore vrai de nos jours, même si la plupart des écoles autorisent maintenant de déroger à la règle. Pourtant, les familles continuent à opter pour des couleurs et des motifs sobres promis pour durer. Les écoles les plus laxistes autorisent un autre sac que le randoseru, mais c’est assez rare. Dans les écoles les plus chics, le randoseru est fourni et porte généralement l’insigne de l’établissement.

écoliers japonais

C’est fou comme un objet qui nous paraît banal chez nous peut être aussi lourd de significations ailleurs !

P.S. : Pour découvrir d’autres traditions internationales, c’est par ici !

Crédits photos : David BarberDaisuke Hayata, Shigeo Maruo

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3 Commentaires

  1. Et bien j’ai encore appris quelque chose!
    J’aime cette idée de tradition transmise de génération en génération, on n’a pas ce genre de chose en France en matière de scolarité.

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    • Joyeux Magazine

      Oui c’est vrai que notre rentrée manque peut-être un peu d’un côté solennel. Je trouve très poétique de placer tous les espoirs et les encouragements de la famille dans un aussi joli cartable :)

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      • Le symbole est touchant oui, par contre la pression qui accompagne toute la scolarité ( et même la vie ) des Japonais l’est moins. Mais bon, personne n’est parfait :)

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