Les Moso, une société matriarcale sans papas

Pourriez-vous imaginer une société où la fidélité dans le couple serait optionnelle, où les enfants ne connaîtraient pas leur père et où le nom de famille se transmettrait de femme en femme ? Bienvenue chez les Moso. Cette tribu de 30 000 âmes installée dans la région du Sichuan, en Chine, s’organise autour de codes sociaux bien différents des nôtres.

moros ethnie

Axel Saurel

C’est une société matriarcale. La mère est considérée comme le « ama », le chef de foyer. Elle gère le patrimoine familial, ainsi que toute l’organisation de la famille. Son nom et ses biens se transmettent de fille en fille.

Les enfants ne quittent jamais le nid familial. Un Moso naîtra et vivra toute sa vie dans la même maison, en cohabitation avec sa mère, ses oncles et tantes, ses frères et sœurs, ainsi que ses neveux et nièces.  Il hors de question de quitter le foyer, où chacun tient un rôle essentiel.

société matriarcale

Axel Saurel

Le père n’a aucun devoir envers ses enfants. Les Moso considèrent que la mère est l’unique génitrice des enfants. Le père n’est présent que pour « arroser » une graine déjà présente dans le ventre de la maman. Il n’a aucune obligation envers ses enfants, mais peut leur rendre visite s’il le désire. C’est leur oncle qui est chargé de leur éducation.

moro chine

Rising Fan

Leur sexualité est complètement libre. Chacun peut changer de partenaire comme bon lui semble. Il n’y a aucune obligation de fidélité et les couples sont très rares. Si une fille tombe amoureuse, elle peut l’annoncer à sa famille, et son cher et tendre sera alors considéré comme un invité d’honneur dans la maison. Les séparations sont fréquentes, mais elles doivent absolument se faire dans la discrétion et la douceur. Les Moso restent des êtres sans attache amoureuse et il est même bienvenu de multiplier les relations pour entretenir le lien social entre les maisonnées.

femmes moro

Axel Saurel

Les rituels de séduction sont très codifiés. L’année de ses treize ans, la jeune fille Moso obtient une chambre privative où elle pourra recevoir ses amants si elle le souhaite. Ces histoires ne regardent qu’elle et elle est priée de les garder secrètes. Chaque soir, les garçons campent à la fenêtre de leur élue du jour et attendent d’être choisie par elle pour s’inviter dans cette pièce sacrée. Lors des fêtes, on peut signifier son attirance par quelques chatouilles dans le creux de la main.

culture moro

Chen Qu

Le mariage est considéré comme une menace sociale. L’engagement et l’obligation de fidélité sont perçus comme dangereux pour l’harmonie de la communauté. La vie est trop incertaine pour promettre quoique ce soit et le mariage est synonyme de conflits, que les Moso tiennent absolument à éviter.

tribu moro

Axel Saurel

Les notions de guerre, de meurtre ou de prison n’existent pas. Les Moso ont des rapports très doux entre eux. Il serait très mal vu de briser l’harmonie du village et de la famille. Par exemple, le sentiment de jalousie est considéré comme un affront à cette cohésion sociale.

chine sichuan

Chen Qu

Dans la culture moso, rien ne vaut la paix et l’harmonie de la communauté, même pas l’argent. Leurs valeurs et leurs normes sociales tellement éloignées des nôtres nous aident à élargir notre esprit. Finalement, la seule normalité qui vaille c’est peut-être celle du respect de nos différences.

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9 Commentaires

  1. Waw… C’est exactement pour cela que j’aime les voyages. Rencontrer des personnes avec différentes manières de vivre, différentes manières de penser à travers le monde. Cette diversité est tout simplement belle. :)

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  2. Je crois avoir vu un reportage sur ce peuple, il y a quelques années. J’avais été épatée :)

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  3. gilles

    Bonjour.

    Intéressant, c’est une toute autre conception de la vie. Si on pouvait tous en faire de même, beaucoup des problèmes que nous avons actuellement disparaîtraient.
    Mais une question tout de même : si l’oncle ne veut pas s’occuper de l’enfant de sa sœur, ou s’il n’y a pas d’oncle, que se passe-t-il?

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    • Joyeux Magazine

      Je me suis posée la même question. Si j’ai bien compris, la chef de famille est aussi chargée d’épauler l’oncle dans la garde des enfants. J’imagine qu’elle prend le relais dans le cas où il n’y a pas d’oncle :) Merci pour votre commentaire !

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  4. C’est un article très intéressant ! Ils ont une ouverture d’esprit assez remarquable. Quand on voit les obstacles que peuvent encore rencontrer les femmes aujourd’hui dans nos sociétés dites modernes…

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