Helen Keller, les handicaps et la détermination de tout vaincre

Dans l’histoire du XIXe siècle, Helen Keller est une surprise, un cadeau auquel le monde ne s’attendait pas. Sourde et aveugle, elle a vécu jusqu’à ses sept ans dans un « no-world » avant de faire une rencontre qui bouleversera sa vie et son destin. 

Helen Keller écrivain

Helen Keller naît en 1880 d’une famille modeste dans une ville rurale de l’Alabama. Jusque là, rien d’anormal. Mais dix-huit mois plus tard, elle attrape ce qu’on pense, à l’époque, être une maladie infantile, qui ressemble vraisemblablement à une scarlatine. Les complications s’enchaînent sans qu’on puisse les prévenir et la petite perd progressivement l’usage de la vue, de l’ouïe et de la parole. Pourtant, à l’époque, on la croit simplement retardée.

Jusqu’à ses sept ans, Helen est sauvage, renfermée, ne tient pas en place et ne sait pas communiquer. Sa mère contacte l’Institut Perkins pour les malvoyants. On lui propose alors l’aide d’une éducatrice spécialisée. Anne Sullivan est une jeune étudiante de l’Institut, elle-même malvoyante. Elle s’installe chez les Keller et veut d’abord calmer Helen. Pendant deux semaines, elle l’isole de ses parents et lui apprend la discipline qu’ils ne sont pas parvenus à lui inculquer. Petit à petit, elle gagne sa confiance et peut enfin passer à l’apprentissage du langage.

Elle verse de l’eau dans la paume de la main d’Helen et écrit « e-a-u » en code alphabétique au creux de son autre main. Pour la petite fille, c’est un moment incroyable. En un seul jour, elle mémorise déjà une trentaine de mots. Elle trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir entrer en interaction avec son entourage. Au bout de six mois, elle a acquis plus de 600 mots et débute bientôt l’apprentissage du braille. C’est une deuxième naissance. Elle décrit sa vie d’avant comme un « no-world », noir et silencieux où elle ne percevait rien du monde qui l’entourait. Ann Sullivan lui a ouvert les portes du monde et elle ne se séparera plus jamais de cette nouvelle amie.

Helen Keller Anne Sullivan

Helen veut apprendre toujours plus. Elle sait se servir d’une machine à écrire et demande maintenant à pouvoir parler. Anne se forme à la méthode Tadome : Helen touche les lèvres et la gorge d’Anne pour reproduire les mouvements et la vibration du mot qui est épelé sur sa main. Helen devient une élève brillante. Son histoire fascine. On parle d’elle dans les journaux. Mark Twain est époustouflé par sa détermination et lui offre de financer ses études. Elle est la première personne handicapée à décrocher un diplôme universitaire : une femme, handicapée, à l’aube du XXe siècle qui achève des études d’art. Personne n’espérait un tel succès.

À la même période, elle publie son autobiographie The Story of My Life et devient une écrivaine reconnue dans le monde de la littérature. Plusieurs romans et essais suivront et confirmeront ses talents d’auteure. Mais cette revanche colossale sur son handicap ne lui suffit pas. Helen veut venir en aide aux autres. Elle s’engage en politique et rejoint le parti ouvrier socialiste d’Amérique, attirant les soupçons du FBI qui la fiche comme suspecte. Elle s’exprime alors en faveur des droits des travailleurs, de l’émancipation de la femme, de la contraception et du droit de vote pour tous. Les articles qu’elle publie dans les journaux font souvent polémique. Quoiqu’elle fasse, Helen sidère.

Helen Keller

En 1921, elle participe à la création de la Fondation Américaine pour les Aveugles. Entre 1946 et 1957, elle effectue pas moins de sept voyages autour du monde, où elle visite une trentaine de pays et attire l’attention des grands de ce monde sur la condition des handicapés. Elle serre la main de Winston Churchill, Jawaharlal Nehru, Golda Meir… Personne ne l’impressionne. Sa rencontre avec le président John Kennedy en 1961 ne lui fait ni chaud, ni froid. La seule chose qui lui importe est la cause qu’elle défend.

Helen Keller kennedy

Mais des arrêts cardiaques à répétition la contraignent à se retirer de la vie publique. Elle décède en 1968 et ses cendres sont déposées aux côtés de son mentor et amie, Anne Sullivan. Ensemble, les deux copines ont renversé la fatalité du handicap.

Anne Sullivan Helen Keller

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