La tontine, un système d’épargne à l’africaine

Depuis des centaines d’années, au Togo, au Cameroun, au Sénégal ou au Ghana, l’épargne ne passe pas par la case banque mais emprunte un tout autre circuit parallèle : les tontines. Chaque mois, les participants d’une tontine se retrouvent pour se prêter main forte et entretenir le lien social.

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© L’oeil de Josette

Entre amis, en famille ou entre voisins, la solidarité et l’entraide sont un must des cultures africaines. Mais cette solidarité est souvent régie par des codes sociaux bien établis. C’est le cas des tontines, des groupes de microcrédit traditionnel au fonctionnement aussi simple qu’efficace :

Chaque mois, tous les membres de la tontine placent une somme décidée à l’avance dans un pot commun. Chacun leur tour, ils empochent la totalité de l’argent collecté pour leur projets personnels.

Grâce à ce système, on réalise son rêve (ouvrir son salon de coiffure, s’acheter une maison,…) ou bien l’on renforce son épargne personnelle. Il n’est pas rare de placer davantage dans sa tontine qu’à la banque, où le retour sur investissement prend plus de temps. Surtout, c’est une tradition qui favorise l’échange et la convivialité. Une bonne excuse pour se retrouver le dimanche après-midi et papoter jusqu’au soir.

Une tontine compte en moyenne une dizaine de membres. Plus la tontine est grande, plus la gestion est compliquée et les retombées incertaines. Pour être coopté dans une tontine, il est capital d’avoir bonne réputation. Celui qui a été répudié de la sienne pour mauvais paiement a peu de chance d’en retrouver une nouvelle. On se regroupe en général entre connaissances. Il est risqué de s’associer avec des personnes qu’on connaît mal.

© Marie

Les règles qui régissent la tontine sont très strictes. Les amendes ne sont pas rare en cas de retard. La moindre absence à une réunion constitue un véritable affront au groupe et il en faudra beaucoup au coupable pour se faire pardonner. Mais les membres de la tontine sont aussi présents en cas de galère : quand les temps sont durs, on peut demander une avance sur sa participation. En cas de mariage ou de décès, chacun participera aux frais d’organisation de la cérémonie.

© Brendan Baker

Quand tout le monde a « bouffé la tontine » (touché son dû), un nouveau cycle commence et une grande fête est organisée pour l’ouvrir. C’est souvent une affaire de femmes dont les hommes sont tenus à l’écart, même s’il existe des tontines mixtes. On porte souvent un pagne spécial dédié à la tontine. Les réunions sont l’occasion de papoter, de ripailler, de se disputer et de se réconcilier. Bref, the african way of life.

© Leonard Makombe

P.S. Le yoga mala, un rituel hindou pour changer de saison

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