Nancy Wake, des talons et un flingue pour résister

L’histoire de Nancy Wake est celle d’une jeune fille du début du XXe siècle qui n’a pas les mêmes aspirations que ses sœurs : fonder une famille ne l’intéresse pas. Elle a soif d’aventure et d’indépendance. À 18 ans, elle fuit le foyer parental direction l’Europe, sans savoir encore qu’elle se retrouverait sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale dix ans plus tard.

nancy wake

Nancy Wake naît le 30 août 1912 à Wellington en Nouvelle-Zélande, d’une famille modeste qui part s’installer en Australie deux ans après sa naissance. L’année de ses 16 ans, elle ne supporte plus la vie familiale et prend son indépendance en trouvant un poste d’infirmière. Deux ans plus tard, la chance toque à sa porte. Elle hérite d’un modeste pécule venu d’une tante récemment décédée. C’est le coup de pied qu’elle attendait : elle part pour Londres et suit une formation de journaliste, étudie le jour et fait la fête la nuit.

nancy wake australie

En 1933, on la retrouve à Paris, où elle est correspondante pour un journal anglais. Elle est alors envoyée en reportage à Vienne pour interviewer le nouveau chancelier allemand, Adolf Hitler. Ce séjour lui ouvre les yeux sur la persécution que subissent les juifs sous le régime nazi. Cinq ans plus tard, la guerre éclate et elle met à profit la fortune de son mari, Henri Fiocca, pour les aider à fuir vers l’Angleterre.

Installé à Marseille, le couple s’engage dans la Résistance Française et cache des familles juives, aide les prisonniers de guerre à s’échapper. Mais la Gestapo enquête sur leur réseau et l’étau se resserre progressivement autour de Nancy. Un matin, elle informe son époux qu’elle part faire les course et fuit, en réalité, vers l’Espagne d’où elle espère pouvoir rejoindre Londres. De passage à Toulouse, elle arrêtée et interrogée pendant quatre jours par les autorités allemandes qui ne parviennent pas à percer sa réelle identité. Elle est libérée et parvient, à sa quatrième tentative, à traverser les Pyrénées.

nancy wake résistante

Elle devient alors la personnalité la plus recherchée par les nazis. Sa tête est mise à prix pour cinq millions de francs. Elle est surnommée la « Souris Blanche », comme une proie qui leur file sans cesse entre les doigts. Quelques semaines plus tard, elle arrive enfin à Londres et est aussitôt embauchée par la Direction des Opérations Spéciales Britanniques en tant qu’agent secret.  On la forme aux premiers secours, à la manipulation d’explosifs, au combat armé et non armé et au code morse.

nancy wake agent secret

Dans la nuit de 29 au 30 avril 1944, elle est parachutée au beau milieu de l’Auvergne pour préparer le débarquement et aide à la formation d’une troupe de  7000 maquisards engagés à sauver leur pays. Pour se faire respecter de tous ces hommes, on raconte qu’elle enchaîne les jeux d’alcool où elle triche malicieusement pour les impressionner. Elle multiplie les noms de code : Hélène est son nom de guerre, WITCH son nom de code opérationnel et Lucienne son nom de couverture.

nancy wake guerre

Un jour, son groupe perd sa radio au cours d’un raid allemand. Elle est obligée de parcourir plus de 500 kilomètres en trois jours, à pied et à vélo, pour rejoindre un opérateur capable de transmettre ses messages. En tant que femme, elle soulève peu de soupçons et passe une dizaine de check-points allemands sans se faire arrêter.

« Sous ma tenue civile, mes collants en soie et mes talons hauts, je portais une combinaison de combat, des revolvers, des sangles d’attache, un parachute et un casque en métal,  et camouflait le tout sous un grand manteau couleur camel. »

C’est peut-être l’exploit dont elle sera le plus fier. À l’issue du débarquement de Normandie, elle veut immédiatement retrouver son mari, mais apprend qu’il a été exécuté par les nazis un an plus tôt, torturé et exécuté pour n’avoir pas craché mot sur le départ de son épouse. Nancy met du temps à se remettre de cette épreuve. Elle retourne en Australie et se présente pour diverses élections qu’elle ne gagnera pas.

Finalement, l’Angleterre lui manque trop et elle refait le trajet pour Londres, où elle s’éteindra en 2011 à l’âge de 98 ans. Ses cendres seront dispersées autour du village auvergnois de Verneix, où elle avait été parachutée 67 ans plus tôt.

nancy wake résistance

Et pour en connaître davantage sur cette résistante venue de loin, lisez sa biographie écrite par Peter FitzSimons. Cette fille était pleine de surprises :)

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4 Commentaires

  1. Ooh c’est tellement incroyable…je me suis sentie toute toute petite à côté d’un tel personnage…quel courage!!

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  2. Je n’en avais jamais entendu parler, mais son histoire est passionnante ! Je lirais peut-être sa biographie :)

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