Peinture savante selon Kupka

Il est de ces peintures qui, sans qu’on se l’explique vraiment, nous captivent et nous figent dans une indicible admiration. L’oeuvre de Kupka demeure mon mystère artistique personnel. J’ai découvert Kupka, contemplé Kupka, rêvé Kupka et interrogé Kupka sans cesse, depuis ma rencontre avec Autour d’un point au Musée National d’Art Moderne à Paris.
 
Vouons lui d’abord le respect qui lui est dû, en le présentant sommairement, František Kupka, né en Bohème (République Tchèque actuelle) en 1871, parti à Vienne, puis à Paris conquérir le monde de l’art. Son style évolue progressivement du romantisme vers l’asbtraction, en passant par le symbolisme. Son parcours dessine une quête personnelle sur le mystère de la vie. Très tôt, un professeur voit en lui un grand mystique. Cette prédiction éveille chez Kupka le besoin de comprendre la complexité de la nature qui nous entoure. Toute sa vie, c’est ce miracle scientifique qu’il essaiera de figurer, à travers son amour de la ligne, de la lumière et des couleurs.
 

 

Il cherche des réponses à ses questions dans tous les domaines d’étude possibles. Chaque découverte est l’occasion pour lui de parfaire son oeuvre, censée traduire de façon rationnelle les phénomènes qui animent le monde vivant. Il s’intéresse tour à tour aux sciences naturelles, à l’astronomie, mais également à l’histoire, à l’archéologie, à la philosophie, au spiritisme et à la musique. Il débute même une carrière de chercheur dans un laboratoire de biologie. 
 
Mais c’est dans la peinture qu’il illustre ses recherches sur le mouvement, la vitesse et les questions d’optique. Longtemps, il travaille les techniques de la perspective, puis s’aperçoit que la forme circulaire lui permet de contrôler le regard qui glisse sur le tableau. La théorie de Newton, stipulant que la superpositition des nuances du spectre reproduit la lumière blanche, bouleverse sa perception de la couleur. Il peint alors Les Disques de Newton, en illustration de sa stupéfaction. Il se penche également sur les déformations des objets immergés dans l’au, avant d’évoluer, plus tard, vers une peinture géométrique, strictement colorée de noir et de blanc. 
 
Il réunit cette base scientifique de travail dans un recueil de textes intitulé La Création dans les arts plastiques, publié en 1913. On aime l’identifier comme le père de l’abstraction, titre qu’il aurait détesté, ayant toujours clamé son indépendance par rapport à tout mouvement artistique ou intellectuel. Il se définit avant tout comme un artiste libre et souhaite que l’on s’en souvienne en tant que tel. A bon entendeur!
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Un commentaire

  1. Eh bien je dois dire que je ne connaissais pas Kupka !
    Je préfère Autour d'un point aux Disques de Newton, sans bien savoir dire pourquoi.
    Bonne journée Adèle

    J'aime

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