Friedensreich Hundertwasser (1928-2000)

Si j’ai trainé mon copain par 35° dans les rues de Marseille cet après-midi du 10 juillet 2012, c’est parce que je tenais à vivre avec lui l’émerveillement que procurent l’oeuvre, le message et le personnage de Friedrich Stowasser, cet artiste – architecte – philosophe – écologiste autrichien déluré qui a choisi, au début de sa carrière, de s’appeler plutôt Friedensreich Hundertwasser, soit, en allemand, le Royaume de la Paix aux Cent Eaux. Vous voyez un peu le tableau? (HA-HA)

Ce « médecin de l’architecture », « peintre roi aux cinq peaux », nait à Vienne en 1928 d’une mère juive et d’un père aryen. Les contrôles incessants de la Gestapo au cours de la seconde guerre mondiale, inspirent à Hundertwasser la nécessité pour l’homme de se terrer dans un foyer, à l’abri des persécutions extérieures. Toute sa vie il militera donc pour la valorisation de l’habitat. Scandalisé par la grisaille et le conformisme architectural ambiant, il prône la réconciliation de l’homme avec la nature, par le recours à la couleur et à la courbe, plutôt qu’à l’éternelle ligne droite et lisse qu’il considère comme contre nature.
Car c’est bien cette foi en l’écologie qui anime chacune de ses créations, qu’il s’agisse d’architecture, de peinture, de timbres, de tapisseries, de littérature ou de manifestes. Il voue une passion sans borne aux couleurs, mais aussi à l’eau, si bien qu’il élira domicile dans un ancien navire de commerce baptisé le Regentag (« jour de pluie »). La plupart de ses constructions sont chapeautées de toits verdoyants.
Il considère les individus comme autant de couleurs qui teintent le monde et milite pour que chacun puisse afficher sa couleur. Cette idée se matérialise par la nécessité pour chaque habitat de disposer d’une fenêtre, façon de s’ouvrir au monde et de manifester son existence propre. Suivant cette logique, il laisse régulièrement à ses ouvriers le soin d’ajouter une touche personnelle à la construction des édifices, notamment par la pose de mosaïques.
La nature constitue pour Hundertwasser une promesse de bonheur. Le recours à la couleur demeure pour lui comme un principe de survie, car elle est source de création. Il déclare d’ailleurs que « si l’homme est créatif, il s’approche de Dieu ».
C’est un artiste qui n’est aujourd’hui rattaché à aucun groupe ou mouvement artistique. Il a réussi le pari de l’individualité, même si l’on compare parfois son oeuvre architecturale au style organique de Gaudi (1852-1926). Curiosité dans le milieu culturel, il est souvent considéré comme un philosophe pour ses nombreux écrits et sa théorie des cinq peaux. Celle-ci stipule que l’être humain est recouvert de cinq enveloppes: la peau, les vêtements, l’habitat, les relations sociales et enfin la nature. Ces cinq pellicules travaillant de manière contiguë, communiquent, pour Hundertwasser, dans une spirale qui régirait notre vie sur Terre.

 

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